One Roll #2 chez Poltred • Édition 2020 [Lecture Photographique]

En deux ans, Poltred est très vite devenu une référence incontournable en s’imposant comme un lieu unique et hybride dédié à la photographie à Lyon. À l’occasion de son premier anniversaire, il y a tout juste un an, le concept store lançait One Roll, son concours de photographie mettant en lumière la magie des prises de vues à l’argentique. En 2020, alors qu’elle souffle sa deuxième bougie, l’équipe de Poltred réitère l’expérience avec une seconde édition. Pas de thème imposé, les photographes étaient libres de choisir leur sujet. Ils avaient seulement une contrainte technique : soumettre une série photographique issue d’une seule pellicule photo noir et blanc. 

Du côté du jury, il était composé à 100% d’acteurs de la vie culturelle lyonnaise, et comptait parmi ses membres David Aumer, Président du laboratoire photographique professionnel LYNX, Pauline Maret, Présidente et co-fondatrice de Poltred, Henri-Pierre Marsal, commissaire d’exposition et directeur artistique du Groupe Créquy, Inès Bourgeois, rédactrice en chef du webzine KOSMIC, et Amélie Samson des Rencontres d’Arles

Après délibérations, les jurés ont sélectionné 4 photographes parmi une cinquantaine de dossiers reçus, dont un coup de cœur unanime pour le travail de Johanna Rönn, qui obtient les prix spéciaux « Coup de cœur du Labo Lynx » et « Coup de cœur du Jury ». 

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Johanna L. Rönn (@mintcolibri)

Première lauréate venue de Suède, Johanna a charmé le jury avec la douceur et la sensibilité de ses photos. Au cœur de son travail intime : ses enfants mais davantage encore l’amour qu’elle leur porte. 

Ses images présentent souvent des gros plans, mettant les détails en avant et signifiant toute l’humanité et la tendresse des moments capturés. Les photographies de Johanna sont ainsi une source de quiétude immense, qui s’exprime à travers les textures frêles de la flore et la délicatesse des gestes, des corps qui se meuvent, s’émeuvent et se bouleversent. 

Virgil Roger (@mr_sumatra

Auteur-photographe lyonnais, Virgil a proposé une planche contact originale et décalée, formée d’une seule et même photographie peignant la jeunesse d’aujourd’hui. Un pari osé qui fonctionne et s’allie avec une parfaite technicité, tant dans la prise de vue qu’au travers de ses tirages barytés présentés au format 16/9. 

Le travail aux contrastes marqués, signature appréciée de l’artiste lyonnais, dénote une attitude affirmée de cette jeunesse, souveraine d’une sorte de rébellion douce et d’une insolence pacifique. Dans une image en particulier, travaillée en double exposition, le contraste se lit comme les mots – la vue numéro 6, c’est le vide et le plein qui se font face, c’est la lassitude, la perte de repère et le spleen qui regardent la détermination, l’assurance et la fougue.   

Véronique Lemonnier (@vero_lemonnier)

Basée à Paris, Véronique a donné à voir un travail articulé autour d’autoportraits aussi forts qu’ils sont sensibles, aussi lumineux qu’ils sont sombres parfois. En associant son corps à la nature, elle souhaite montrer la part d’essence de l’enfance qu’il reste en elle… 

Souffle de féminité, sa série est une reconnexion, un retour à soi. Les photographies de Véronique parlent la liberté du cœur surtout, l’action qu’il mène avec ardeur sans obéir aux règles de l’extérieur, sa capacité à être entier et à ne pas en avoir peur. 

Ses images expriment une certaine magie de l’Humain – la part d’Humanité restée cachée et extirpée d’un monde haletant de sa cadence effrénée. Âme de sorcière revenue dans ses terres, la photographe se présente ici intacte, sans plus une trace des impacts qui l’auraient percutée par le passé. 

William Léon (@leon_william)

Avec sa série « Le jour d’après l’humain », William a ancré son travail dans le temps d’aujourd’hui, dans le printemps 2020, bouleversé par une crise sanitaire sans précédent et un confinement forcé. Pendant cette mise sur pause mondiale, beaucoup de questions enterrées ont germé ou sont simplement venues se poser dans les esprits aux corps cloisonnés. La plus importante pour l’auteur : « quel ordinaire laisse-t-on derrière nous ? ». 

Pendant quelques mois, la vie – bien que ralentie, quelque peu endormie et endolorie – a continué… mais elle est devenue plus silencieuse, souvent solitaire, et dans tous les cas, distanciée. Les Hommes ont manqué d’air mais la planète en a retrouvé pour à nouveau respirer. Il semble que ce soit ce que le photographe ait capturé ici… Détenu par un quotidien en sursis, son œil derrière le viseur s’est fait observateur de sa vie, du temps qui fuit, de la lumière qui luit de plus en plus fort jusqu’à midi et puis qui, peu à peu, s’adoucit… et soudain, l’attente est finie. 

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Les 4 photographes sont exposés à l’étage de Poltred jusqu’au 31 octobre 2020. Mais le concours ne se termine pas là, puisque que les lauréats sont à présent en lice pour le « Prix du Public », une nouveauté pour l’édition 2020 du concours One Roll. Tout au long du mois d’octobre, les visiteurs pourront en effet voter pour leur série photographique favorite. 

L’artiste qui aura obtenu le plus de votes se verra attribuer une bourse matérielle de création comprenant des pellicules Lomography, une résidence artistique qui lui fera bénéficier du studio et du labo de Poltred, une aide à la production par le laboratoire Lynx, et une exposition individuelle à la galerie Poltred courant 2021. 

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