Lyon, une rencontre

J’ai marché. Sans but. Sans destination. Sans réfléchir. J’ai essayé pourtant, mais je n’y suis pas arrivée. Alors j’ai marché encore. J’ai marché plus fort. La tête baissée, les paroles blessées des rappeurs qui sortent de mes écouteurs et m’arrachent les tympans, les pieds qui se placent tour à tour l’un devant l’autre, et le corps en otage de cette machine infernale. 

J’ai marché. Des kilomètres. Je ne saurais pas dire combien. Je compte les pas, les calories qui se dépensent. Mais les kilomètres, je ne les compte pas. Peu importe, du moment qu’ils filent, et doucement ou bien brutalement m’annihilent. 

J’ai marché. Sans but. Sans destination. Sans réfléchir. J’ai essayé pourtant, mais tout est bloqué en dedans. Et dehors, c’est la pagaille. Dehors, ça me mitraille. Enfin jusqu’à la nuit. Jusqu’à ce que la ville ne fasse presque plus un bruit, jusqu’à ce qu’elle ne laisse rugir que les murmures émus, les éraflures des cœurs de ses enfants maudits – ceux qui rient et vivent sous les éclairages, ceux qui connaissent les vrais orages, ceux qui se retrouvent au-delà des images, par-delà les mirages. Ceux dont les yeux se croisent avec sincérité, dans les moments noctambules de flottements, de vérité. 

J’ai marché dans ces rues que je connais par cœur à présent. J’ai marché – machinalement. J’ai marché dans ces rues que je redécouvre à chaque instant pourtant. 

Certains les traversent pour la première fois de leur vie et en font de la poésie. Une poésie intime et presque intimiste. Familière pour les personnes comme moi, étrangère pour celles qui sont seulement de passage. 

En croisant leurs regards et leurs arts, la photographe, Marie Demunter, et le dessinateur et auteur de bandes-dessinées, Laurent Bonneau, ont dessiné la capitale des Gaules, arpenté ses dalles qui leur étaient alors inconnues et retracé ses milliers de chemins. À deux, ils ont esquissé ses formes – discrètes ou monumentales – capturé les lumières douces et criardes, et peint tous ces destins qui s’y croisent, s’y rencontrent, et fusionnent aussi parfois.

Leur exposition ‘Lyon, une rencontre’ est l’image la plus intrinsèque qu’il puisse y avoir pour montrer Lyon aujourd’hui – celle d’un point de rencontre bourdonnant sans cesse la vie qui brûle autant qu’elle inonde. 

{ ➪ à découvrir jusqu’à déc. 2020 }

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 Exposition conçue et réalisée par l’ensemble des équipes du Musée d’histoire de Lyon, produite en partenariat avec l’École urbaine de Lyon et Lyon BD Festival

◊ Scénographie : Laurent Bonneau et Marie Demunter 

◊ Impression photographique : Laboratoire Lynx 

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