Récit photographique #2 • Exploration lomographique de Lyon

C’est une balade en noir et blanc, en grains d’argent, comme un retour dans le temps, comme une promenade à travers le temps…

30 novembre 2019. Poltred, La Maison de la Photographie, Lyon 3ème. Les petites tables rondes en marbre se succèdent, enfilées les unes après les autres. Sur leurs plateaux, des pellicules enroulées, puis chargées dans les appareils lomographie qui rivalisent tous plus les uns que les autres d’originalité. De mon côté, je charge la dernière sortie de chez Lomography dans mon boîtier, la Berlin Kino noir & blanc 36 poses. Quelques réglages et je suis parée à partir me promener.

La balade prend d’abord la direction des berges du Rhône. Très vite, le froid commence à se faire sentir mais pas encore assez pour me glacer les mains et m’empêcher de déclencher. Tout n’est que va-et-vient – le bruit, le trafic, les moteurs, et même les oiseaux – tout n’est qu’un mouvement brouillon, une pagaille harmonieuse par endroit et par instant. Et pourtant, en ouvrant les yeux, en les ouvrant véritablement, mon attention se prête à la lumière uniquement, aux ombres qu’elle crée, aux reflets qu’elle dépose – elle m’invite à prendre le temps… à reprendre le temps… à découvrir et redécouvrir les lieux autrement. Elle m’invite à regarder plus attentivement – les passants et les penseurs. Quelle est cette matière qui coule dans le flot de leurs rêveries et de leurs contemplations ? Qu’est-ce qui anime leur vie ? Quels sont leurs secrets ? Quelles sont ces choses qui les poussent à se lever chaque jour ? Quelles sont celles qui les empêchent de dormir la nuit ?

Les pavés filent sous nos pieds puis se figent sous le pont de la Guillotière. Le temps semble, cette fois, presque s’être arrêté. La pierre a l’apparence lourde et le béton s’impose dans le fleuve, ralentit même son courant. Cette parenthèse ne dure qu’un instant et puis le bruit reprend. Le passage des voitures sur les grands boulevards en-dessous de nous, le long des quais, laisse apparaître les contrastes des scènes face à nos yeux, à nos corps, à nos âmes.

Quelques pas plus tard, l’Hôtel Dieu est face à nous. Dans nos têtes, un seul objectif : trouver le calme dans la frénésie folle des achats compulsifs de fin d’année, chercher l’étrangeté dans le banal, forcer nos yeux à regarder… les feuilles subsistantes dans le contre-jour qui s’insèrent entre les lignes de la structure géométrique insensible. La fluidité se retrouve nez-à-nez avec la rigidité. Le mouvement fait face à l’immobilité. Cela pourrait être un combat mais non, c’est une danse, une union, peut-être même une communion. Je fais quelques pas de plus, lève les yeux au ciel, et là il y a comme un mystère. Les formes soignées des vitraux conservés d’une certaine vie passée racontent, par chuchotements, les secrets cachés, par-delà les reflets sur les vitres carrelées des fenêtres, derrière les portes vitrées que l’on aperçoit à peine, que l’on devine simplement ou bien que l’on se laisse deviner…

On regarde. Les scènes urbaines. On observe. Le quotidien avec des yeux sans filtre, crus, et avides de vrai, affamés de vérité. On regarde. On voit. Comme pour la première fois… l’alignement trop parfait des vélos de la Métropole, les lumières aveuglantes des phares des voitures alors animées, les collages de contestation d’actualités qui ne devraient pas en être – qui ne devraient jamais être – la vie de la rue et les scènes de vie, les moments d’oubli, les secondes d’infini

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