Que la montagne est belle #1 ~ Les Lacs Robert [Rando]

Il y a des douleurs qu’on ne peut pas ignorer. Celles qui sont si grandes qu’elles finissent par voiler et figer tout le reste.

Parfois on s’accommode de la douleur, le temps qu’elle dure – on l’accepte, on l’accueille et on l’étreint. Ça, c’est ce qu’il y a de plus sage à faire.

Mais très souvent, la douleur, on l’anesthésie en se faisant encore plus mal, sans jamais parvenir à la faire disparaître. On l’ignore et on la fuit. On fonce tête baissée. Sans s’arrêter.

C’est fou cet acharnement ! Et est-ce que ça marche ?

Pendant un temps peut-être.

Au final, ça ne sert jamais à rien d’enfouir les choses, d’essayer de les ensevelir. Parce qu’elles finissent toujours par refaire surface. Il ne nous viendrait jamais à l’idée de vouloir enterrer une montagne. Non, il faut la gravir.

Alors on part marcher. Marcher. Pour se dégourdir les jambes et s’engourdir la tête. Et puis s’arrêter. Respirer. Pour tout stopper – les douleurs et même le temps.

L’été touche à sa fin. Les vacances aussi. Alors je pars profiter des dernières journées bien ensoleillées de la montagne du côté de Chamrousse, aux alentours de Grenoble.

J’ai passé la nuit à Roche Béranger (à 1750m) et avec les yeux toujours remplis d’étoiles d’avoir observé un coucher de soleil aux mille et une couleurs, je me réveille aux aurores pour l’admirer se lever sur les montagnes qui m’entourent.

Je pointe le bout de mon nez à l’air encore frais et à la rosée du matin, et reste bouche bée face au spectacle si doux que la nature encore calme et paisible m’offre.

Je ne tarde pas à m’habiller, rechausser mes bottines de randonnée, et prendre un bon petit-déjeuner pour repartir crapahuter sur les sentiers. Je me mets en marche de bonne heure, à cette heure où tout est encore silencieux et tranquille, où le monde est encore à moitié endormi.

Je redescends direction Le Recoin (à 1650m), puis, faute de temps, je prends une télécabine pour monter, je survole le lac des Vallons et après une dizaine de minutes, j’arrive à la Croix de Chamrousse. Si je n’avais pas eu d’impératifs de d’horaires, j’aurais choisi de monter à pieds, par les sentiers pédestres balisés en longeant simplement la ligne téléphérique.

Une fois tout en haut, l’air pollué de Lyon me semble bien loin. Et les 24 et quelques degrés 600m plus bas aussi ; ici, à 2250m, le thermomètre affiche 8 petits degrés Celsius. Je prends un moment pour respirer l’air pur, sentir la douceur de la petite brise de vent sur mon visage et dans mes cheveux, un moment pour écouter le silence et profiter de ce paysage à couper le souffle. Mon regard est à présent absorbé par la vue sur le Col des 3 Fontaines.

Après un temps je me remets en route. Je suis la ligne des télésièges et je finis par les apercevoir : les quatre lacs Robert, d’une couleur qui chavire du vert émeraude au bleu turquoise. Je choisis, mon courage à deux mains, de descendre par la piste rouge très caillouteuse et de m’approcher. Le ciel au-dessus de ma tête est on ne peut plus clair, les rayons du soleil commencent à réchauffer ma peau, et l’eau camaïeu des lacs où les montagnes se reflètent délicatement m’hypnotise.

Je m’arrête un moment, m’assois sur un bout de rocher et me laisse bercer par le massif de Belledone qui m’accueillent et m’enveloppe dans ses bras et son paysage enchanteur… Je suis partie marcher ce jour-là. Marcher. Pour me dégourdir les jambes et m’engourdir la tête. Et puis enfin m’arrêter. Respirer. Tout stopper – surtout le temps. Je suis bien là. Je pourrais y rester une éternité.

Mais je finis tout de même par remonter le chemin bien pentu pour atteindre à nouveau le niveau de la Croix de Chamrousse. Et avant de redescendre à la station, je veux profiter encore de tout le bien fou que me fais la montagne et pars m’aventurer sur le Col de la Botte jusqu’à faire une première pause avec une vue sur le Pas des Escombailles, puis une deuxième pendant laquelle j’aperçois le Col des Lessines, où on aurait dit que des étoiles étaient tombées par terre.

*Trucs & Astuces*

  • Si vous êtes limité dans le temps, que vous avez décidé d’aller crapahuter un peu comme ça sur un coup de tête et que votre temps sur place est limité, vous pouvez – comme moi – tricher un peu et prendre une télécabine du Recoin (à 1650m) jusqu’à la Croix de Chamrousse, et puis aller randonner jusqu’aux lacs voir un peu plus loin du côté du Col de la Botte, direction le lac Achard.
  • Aussi, équipez-vous bien ! Étant donné les sentiers bien caillouteux, ne faîtes pas la bêtise d’oublier vos bâtons de marche.
  • Et enfin, si vous souhaitez éviter la piste rouge qui mène aux lacs Robert, vous pouvez contourner par la brèche sud et emprunter les sentiers balisés en rouge et blanc et le GR vous ramènera en direction du domaine de Chamrousse et puis jusqu’à la station.

*Infos pratiques*

  • Niveau : facile à moyen (tout dépend de votre forme physique et du chemin que vous choisissez d’emprunter)
  • Départ : Chamrousse 1650 – Le Recoin
  • Arrivée : Lacs Robert / Col de la Botte & Col des Lessines
  • Distance : 4 km environ
  • Durée : 4h environ (encore une fois, c’est très variable en fonction de votre forme physique et du temps que vous prenez à simplement profiter du bon air et de la douceur des montagnes)

*La galerie photo*

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