I am #BeyondWorthy of my anorexia recovery

I wrote this piece in reaction to the #BeyondWorthy hashtag launched by writer and mental health advocate Jacqueline Whitney, as part of the suicide prevention campaign.

For a long time, I wanted to die and had thoughts of killing myself, and it turned out self-starvation, or call it anorexia nervosa if you don’t fear the words, has been a way to a slow death that actually made the whole dying thing a lot less scary.

When I got closer to hitting rock bottom, week after week, I could feel my heart beating less and less, I had trouble breathing, I was never at rest inside, and outside… I could have slept forever, I felt so tired all the time, my legs were hurting more and more each day I could barely walk, my body was lacking so much I fainted multiple times – my eyes wide open, yet I couldn’t see anything…

I was close. So close to death, it felt like I was flirting with it. Until I felt it – or rather heard it – a whisper telling me it wasn’t my time to go yet, that life wasn’t over just now. It was the other part of me, the good one, the kind and caring one, that was trying to reach out, in one last attempt. She was trying – with the little strength she had left – to give me a good push, to scream at me and tell me to fight for this. But what was this? I had no idea. And this voice, this feeling, was so tiny I wasn’t even sure it was a real thing… but that, precisely, was depression telling me lies, hiding the truth from me, hiding the life that was still in me, making me believe in such horrible things about myself and about the world.

But as tiny as it was, one day, for some reason I will probably never be able to explain, I chose to believe in it, in this tiny little thing, and take on that storm inside of me head on.

I think this thing that was keeping me just above the surface, at just the right level before drowning was inevitable, was love. Powerful stuff, love. I think it was love from and for my brother, from and for my mum and my grandma, love from and for my closest friends, fighting wars for me in their hearts I had no idea about. I had tremendous doubts about them loving me because I hated myself so much I couldn’t imagine anyone – not even them – caring an ounce about what could become of me and yet… their love was so strong that, despite being a thousand feet underneath earth, lost in a dull and empty foggy creepy town that was my fucked-up mind, I still managed to feel their love. I don’t know how, but I did.

Thinking about it now almost makes it sound like a miracle. And maybe it was. It was life calling me back to the surface, it was that ‘light at the end of the tunnel’ everyone always talks about. It was such a tiny glimmer at first that I couldn’t see it, but as tiny as it was, I could still feel the burn of life inside of me. And that was the moment I realised I was still alive and wished to remain so. That was the moment I entered recovery.

Today, some days still happen to be quite foggy, but I think I can say the storm has passed, or rather, I beat that mother fucker. I walked out of it, my head high and a different person. A better me. A ‘me’ who has hope again, sees miracles in simple things, and feels magic. After everything that happened, after everything I put myself through, I’m still here, still breathing – alive and well in my mind and my body (well, on most days), healthy and flawed, but perfectly enough and capable, and brave, and beyond worthy of this life.

I am beyond worthy.

Because I have the bravery to take on life, and it takes so much more courage to choose life rather than death.

Because I deserve to experience the little things, these tiny everyday miracles that feel like magic and make life a lot more bearable.

Because I now believe again there are thousands of beautiful things waiting for me.

Because I have love to give and I deserve just as much in return.

Because there’s only one ‘me’, unique and special, and there’s never going to be anyone who could ever replace me.

J’ai écrit ce texte en réaction au hashtag #BeyondWorthy créé par Jacqueline Whitney, auteure et  militante pour la santé mentale, et dans le cadre de la campagne de prévention contre le suicide.

Je vaux plus que la peine de guérir de mon anorexie

Pendant longtemps, j’ai voulu mourir et je pensais à mettre fin à mes jours, et il s’est trouvé que la privation de nourriture, ou appelle ça anorexie mentale si tu n’as pas peur du mot, a été un chemin vers une mort lente qui rendait ce truc, qu’est la mort, beaucoup moins effrayant.

Lorsque je me suis retrouvée à deux doigts de toucher le fond, semaine après semaine, je sentais mon cœur qui battait de moins en moins fort, j’avais du mal à respirer, je n’étais pas en paix à l’intérieur, et à l’extérieur… j’aurais pu dormir pour toujours, j’étais tout le temps très fatiguée, mes jambes me faisaient de plus en plus mal chaque jour que je pouvais à peine marcher, il manquait tant à mon corps que je me suis évanouie plusieurs fois – mes yeux étaient grands ouverts, et pourtant je ne voyais rien…

J’étais si proche. Si proche de la mort que j’avais l’impression de flirter avec elle. Jusqu’à ce que je le sente – ou plutôt l’entende – un murmure qui me disait que ce n’était pas encore mon moment pour partir, que la vie n’était pas terminée à cet instant-là. C’était l’autre partie de moi, la bonne partie, la gentille et la bienveillante, qui essayait de me tendre la main dans une dernière tentative. Elle essayait – avec le peu de forces qu’il lui restait – de me secouer, de me crier de me battre pour ça. Mais c’était quoi, ça ? Je n’en avais pas la moindre idée. Et puis cette voix, cette sensation, était si minuscule que je n’étais même pas sûre qu’elle était réelle… mais ça, précisément, c’était ma dépression qui était en train de me mentir, de me cacher la vérité, de me cacher la vie qu’il y avait encore en moi, qui me faisait croire à des choses horribles sur moi-même et sur le monde.

Mais aussi minuscule que ça pouvait être, un jour, pour une raison que je ne pourrai probablement jamais expliquer, j’ai choisi d’y croire, de croire en cette minuscule petite chose, et d’attaquer de front cet orage à l’intérieur de moi.

Je pense que cette chose qui me gardait juste au-dessus de la surface, à tout juste le bon niveau avant que la noyade soit inévitable, c’était l’amour. C’est du lourd, l’amour. Je pense qu’il s’agissait de l’amour de et pour mon frère, de et pour ma maman et ma grand-mère, l’amour de et pour mes amis proches, menant tous des batailles pour moi dans leurs cœurs, dont je n’avais pas idée. J’avais d’énormes doutes quant à l’amour qu’ils disaient me porter, parce que je me détestais tellement que je ne pouvais pas imaginer qui que ce soit – même pas eux – se souciant un tant soit peu de ce qui pouvait bien m’arriver et pourtant… leur amour était si fort que, malgré être un millier de pieds sous terre, perdue dans une ville effrayante, couverte de brouillard, vide et sombre, une ville qui n’était autre que mon esprit complètement paumé, j’ai tout de même réussi à sentir leur amour. Je ne sais pas comment, mais je l’ai senti.

Y penser maintenant donne presque l’impression d’un miracle. Et peut-être que c’en était un. C’était la vie qui me rappelait à la surface, c’était cette ‘lumière au bout du tunnel’ dont tout le monde parle tout le temps. C’était une lueur tellement minuscule au départ que je n’arrivais pas à la voir, mais aussi minuscule qu’elle pouvait être, je parvenais encore à sentir la vie me brûler à l’intérieur. Et c’est à ce moment-là que j’ai réalisé que j’étais encore en vie et souhaitais le rester. C’est le moment où j’ai emprunté le chemin de la guérison.

Aujourd’hui, il y a encore des jours brumeux, mais je pense pouvoir dire que l’orage est passé, ou plutôt, que je suis venue à bout de ce putain de connard. J’en suis sortie, la tête haute, et différente. Une meilleure moi. Une ‘moi’ qui a retrouvé espoir, qui voit des miracles dans des choses simples, et ressent la magie. Après tout ce qui est arrivé, après tout ce que je me suis infligée, je suis toujours là, je respire encore – je suis en vie et bien dans ma tête et dans mon corps (enfin, la plupart du temps), je suis en bonne santé et imparfaite mais parfaitement assez et capable, et courageuse, et plus que méritante de cette vie.

J’en vaux plus que la peine.

Parce que j’ai le courage d’affronter la vie, et ça demande tellement plus de courage de choisir la vie que de choisir la mort.

Parce que je mérite de vivre les petites choses, ces minuscules miracles de tous les jours qui donnent l’impression d’être de la magie et rende la vie beaucoup plus supportable.

Parce que je crois à nouveau qu’il y a des milliers de belles choses qui m’attendent.

Parce que j’ai de l’amour à donner et j’en mérite juste autant en retour.

Parce qu’il n’y a qu’une seule ‘moi’, unique et spéciale, et il n’y aura jamais quelqu’un qui pourra me remplacer.

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